Le fleurissement pérenne

Une formation pour formateur

Une formation d'une journée, sur le thème du fleurissement pérenne, ou durable, a été organisée le 2 octobre 2013 par notre association. Le public visé était constitué de membres actifs de notre association ou de toute association ayant trait au jardinage ou fleurissement, pour former des formateurs capables ensuite de propager les connaissances acquises au grand public.

La formation était assurée par un formateur professionel, travaillant au CFPPA des Vaseix.

Par ses apports théoriques, sa pratique affirmée et son sens de la pédagogie, cette formation a apporté, nous l'espérons, beaucoup de "grain à moudre" pour tous les participants. Nous remercions la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale du Limousin pour son soutien.

Une journée de restitution vers toute l'association a été organisée en 2014. Vous pouvez télécharger le support de présentation ici :

 

Presentation fleurissement perennePresentation fleurissement perenne (2.1 Mo)

Qu'est-ce que le fleurissement durable ?

Vous pensez certainement que vous connaissez déjà les annuelles et les vivaces, qu'y a t'il donc de neuf ?

Les plantes vivaces sont en effet à la base d'un fleurissement pérenne. Nous voulons concevoir un jardin capable d'apporter une floraison pendant plusieurs années, plusieurs mois par an, avec un minimum d'entretien pour le jardinier (sans arrosage ou presque notamment), et sans oublier une recherche esthétique. L'usage des vivaces sera donc une partie importante de la solution.

Leur utilisation devra être réfléchie :

  • pour obtenir un effet esthétique
  • pour être adaptée aux conditions climatiques locales, à l'exposition, au sol (tout ce qui fait le biotope)

D'autres points seront à prendre en compte, comme le choix d'un paillage adapté, l'installation de bordures pour délimiter le massif, l'utilisation de support ou tuteur qui apportent forme et décoration, ...

La question va donc au-delà de "quel vivace choisir". Il s'agira de créer une composition, que l'on classe en général sous deux catégories :

  • les bordures herbacées (ou herbaceous border) : composé de graminées, plantes à bulbes,
  • les compositions mixtes (ou mixed border) : elles comporteront des associations de vivaces avec des plantes ligneuses (à bois) : arbustes, arbres, etc. La composition sera donc plus "en volume"

Le travail théorique sur cette conception revient entre autre à la paysagiste anglaise Gertrude Jeckyll, à la fin du XIXe siécle et début du XXe.

Conception générale d'une composition mixte

Une composition pourra être réfléchie selon plusieurs approches.

Inscription générale dans le jardin

La composition ne vit pas "toute seule", elle s'inscrit dans son environnement. Classiquement, elle se découvre au cours d'un cheminement. Lorsque c'est le cas, on veillera à créer des chemins courbes ; les lignes droites, prépondérantes dans le jardin classique à la française, n'existent pas dans la nature.

Ce cheminement, dans le cadre d'un lieu d'habitation, est souvent centré sur ce lieu, point de départ ou d'arrivée. Si l'environnement est celui d'une nature libre, les compositions seront imaginées de façon "naturelle" loin de la maison, avec des plantes simples, des couleurs à dominante jaune par exemple, qu'on trouve souvent dans la nature. A l'approche des lieux d'habitation, les compositions pourront être plus travaillées, avec des variétés horticoles et des couleurs plus rares à l'état naturel.

Emplacement

Une bordure herbacée à proximité d'une haie devra prévoir un chemin d'entretien le long de la haie, largeur minimale 60cm (plantes à taille adulte !).

Une composition en "îlot" ne devra pas occuper le centre géométrique du jardin, il accueillera plutôt une pelouse, un espace "ouvert".

Composition

Il faut veiller à dessiner le plan de la composition, en tenant bien compte de la taille "adulte" des vivaces. Faire comme avec des annuelles et "serrer" les plantes est une mauvaise idée, préjudiciable pour le développement des plantes, leur rendu esthétique, l'entretien ultérieur et le porte-monnaie !

Une composition type pourra être articulée autour d'un arbre ou arbuste, situé vers le 1/3 (point à l'arrière à gauche). Les plantes seront mises en quinconce, en privilégiant les contrastes et la diversité

  • étagement des plantes en hauteur, les plus hautes à l'arrière, les plus petites vers l'avant
  • contraste des formes : plantes à port horizontal ou vertical
  • contraste des feuillages : feuilles duveteuses, lisses, épines
  • contraste des couleurs ; on peut aussi choisir une couleur dominante
  • étalement des périodes de floraison
  • choix d'un feuillage persistant ou caduque : en limousin, 1/3 de feuillage persistant est un choix adapté

Choix des plantes

Quelques conseils sur le choix des plantes :

  • tenir compte de la taille adulte
  • choisir des espèces dites cespiteuses, c'est-à-dire qui ne vont pas se propager et envahir votre composition. Ce critère est important, et certaines variétés d'une même plante peuvent respecter ce critère ou non. Il s'agit donc d'une qualité propre à chaque variété. Si vous achetez vos plantes, il faut donc que votre vendeur connaisse bien ses produits.
  • tenir compte de la qualité du sol : sol tourbeux, argileux, sableux, ... ; de son pH. On pourra apporter un un amendement composté (compost mur, fumier décomposé) avant plantation (sauf pour les plantes adaptées aux sols minéraux, comme les joubarbes)
  • Mettez des plantes mellifères. De préférence des plantes à fleur simple, pas à fleur double. Les fleurs doubles sont souvent stériles, sans nectar, et ne donnent pas de graines. Ces plantes font venir les insectes auxiliaires, dont les larves, parfois les adultes, mangent les espèces dites nuisibles (comme les pucerons). Ces plantes permettent de les fidéliser, car chez certains auxiliaires, l’adulte mange du pollen, et il quitterait sans cela votre jardin en l'absence de nuisibles.

Entretien, paillage

Bêcher ?

D'abord, oubliez votre bêche ! Une composition ne doit pas générer de travail pour le jardinier, et surtout le bêchage détruit le réseau des racines et radicelles de surface, celles qui permettent par exemple à la plante de puiser les éléments vitaux les plus importants et l'eau dont elle a besoin.

Il est recommander de pailler pour l’hiver (BRF, feuilles mortes), qui apporte minéraux et humus. Les vers de terre vont faire le travail de décomposition du paillis, et ainsi aérer le sol. Les racines de surface vont pouvoir se développer correctement, comme dans un sol riche d'une forêt.

Taille

Pour la taille, le premier principe à respecter est la façon de tailler des plantes :

  • Certains se développent par le bout des branches, en général quand il y a un tronc. On va alors couper le bout des branches pour faire s’épaissir la plante
  • D'autres se régénèrent par la base (basitoniques). Il faudra tailler la branche complète, ou presque. En taille de fin d’hiver, descendre jusqu’à une branche nouvelle (de l’année)

La taille d’automne n'est pas recommandée, en général. Le bois ne cicatrise pas en hiver, car il ne se développe pas, et la "plaie" formée par la taille sera une entrée pour des germes pathogènes, des champignons etc. En fin d’hiver (taille en sec), le bourrelet de cicatrisation va se faire rapidement après. Pour d'autres plantes, la taille en vert est même préconisée : par exemple en septembre, pendant la période de végétation, car la cicatristaion aura le temps de se faire avant l'hiver.

Paillage

Le paillage a un rôle de lutte contre les adventices, de maintien d'un sol humide, éventuellement de nourrissage du sol. Il a aussi un rôle esthétique ; il sert de cadre pour mettre en valeur la plante.

Pour les plantes qui poussent dans des milieux riches en humus, on privilégiera un paillage organique. Par contre, pour les plantes qui poussent au soleil, souvent dans des sols caillouteux, on choisira un paillage minéral (pouzzolane par exemple).

Un paillage organique constituera à terme, après dégradation et assimilation, un amendement pour le sol. On peut citer la fève de cacao, qui apporte du potassium ; mais quelle est la garantie d'éthiquité de ce produit ? Le paillis de chanvre est un bon produit : de couleur beige clair au début, il faut le tasser un peu et l'arroser lors de son installation. Il grisera avec le temps avant son assimilation. On peut en acheter à Cognac-la-Forêt. Le lin n'est pas recommandé, car il y a des graines dedans.

Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est constitué de branches vertes, fraîches, de moins de 7 cm de diamètre, sans tanin. Le bois de châtaignier est donc exclu, trop riche en tanin. Les résineux également, car ils bloquent la croissance des végétaux. Le BRF sera composé de bois vert fraîchement coupé, car ce bois contient des sucres, qui seront mangés et transformés par un "bon" champignon de litière. Pour le réaliser, broyez vos branches et étendez les rapidement (< 3 jours) après la coupe. Ne pas attendre que les bactéries se mettent à l’œuvre, il y aurait dégagement gaz et d'acidité. Ne pas trop en mettre, sinon un phénomène de fermentation interviendra, ce qui dégage de l'acidité et tue les végétaux.

Photos de la journée de formation

Démonstration d'une mixed border aux Vaseix

Mixed border aux Vaseix

Aixe sur Vienne, rue Jean Rebier

Aixe sur Vienne, place de l'eglise

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